Vanille de Tahiti : Origine de sa spécificité

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C'est en 1933 que J.W. Moore décrivit pour la première fois le vanillier cultivé à Tahiti comme une espèce nouvelle et endémique, la Vanilla tahitensis. Cette forme n'avait jamais été décrite par ailleurs : ni dans les zones cultivées, ni dans les zones d'Amérique centrale d'où le vanillier est originaire.

 

Mais, comme Vanilla tahitensis n'existe pas en Polynésie ou dans le Pacifique sous une forme autre que celle de plante cultivée, l'hypothèse a été avancée, dès 1951, d'une hybridation entre plusieurs espèces, Vanilla planifolia et Vanilla pompona qui serait elle-même déjà hybridée de Vanilla odorata. D'autres ont voulu considérer Vanilla tahitensis comme une forme dérivée de Vanilla planifolia.

 

Pour répondre à ces interrogations qui sont primordiales pour tout projet de protection du vanillier tahitien, l'Etablissement Vanille de Tahiti a conduit des recherches afin d'élucider la généalogie des vanilliers cultivés en Polynésie française.
Mme Sandra Lepers-Andrzejewski, responsable du département de recherche de l'Etablissement, a réalisé ces recherches dans le cadre de sa thèse et grâce à des études génétiques menées avec l'Université de Californie, il a été démontré que V. tahitensis est un hybride entre Vanilla planifolia et une espèce proche de Vanilla odorata. (lien vers la référence de l'article). Il convient donc d'appeler désormais le vanillier polynésien Vanilla x tahitensis ; « x » indiquant qu'il s'agit d'un hybride et non d'une espèce.


Des études de cartographie génétique menées au laboratoire de l'Etablissement Vanille de Tahiti et de cytogénétiques menées en collaboration avec la plateforme de cytogénétique - CNRS de Gif sur Yvette (lien http://www.ifr87.cnrs-gif.fr/pbc/presentation/index.html) et l'université d'Orsay (lien http://www.ese.u-psud.fr/) ont permis de comprendre les processus ayant conduit à la diversité existante parmi les vanilliers tahitiens. Ainsi tous les différents morphotypes (Haapape, Rea rea, Parahurahu, Puroini, Paraauti, Potiti, Pupa, Oviri, etc...) sont issus d'un même parent, la forme 'Tahiti'.